EN PRISON... LES LUCIOLES

C’est pendant l’été 2014 que j’ai pu visiter cette magnifique exposition « La disparition des Lucioles » de la Collection Lambert dans un lieu insolite et quelque peu lugubre, l’ancienne prison Sainte-Anne d’Avignon. La Collection Lambert en a investi les cellules, les couloirs et certaines cours. Cette prison est un lieu patrimonial emblématique de la ville, située derrière le Palais des Papes. Elle est maintenant désaffectée depuis 10 ans et fut l’une des rares construites à la fin du XVIIIe siècle à des fins uniquement carcérales. L’exposition avait  pris ses quartiers dans un lieu sensible chargé de mémoire où les visiteurs se retrouvaient face à l’enfermement bien sûr, mais aussi face au temps qui passe, face à la solitude et à l’amour. Exposée dans sa cellule, chaque oeuvre deviendra ainsi luciole, élément poétique à la douce lumière résistante, offrant au spectateur la possibilité d’un nouveau champ d’expérimentation.

Les artistes

Adel Abdessemed, Ai Weiwei, Francis Alÿs, William Anastasi, Carl André, Kader Attia, Mirosław Bałka, Roger Ballen, Robert Barry, Yael Bartana, Massimo Bartolini, Jean-Michel Basquiat, Neil Beloufa, Joseph Beuys, Barbara Bloom, Alighiero Boetti, Christian Boltanski, Pierre Bonnard, Louise Bourgeois, Brassaï, Marcel Broodthaers, Tom Burr, Mircea Cantor, Frédéric-Auguste Cazals, Claire Fontaine, Guy de Cointet, François-Xavier Courrèges, Berlinde De Bruyckere, Jason Dodge, Trisha Donnelly, Gardar Eide Einarsson, Emir El Quiz, Jan Fabre, Mounir Fatmi, Hans-Peter Feldmann, Spencer Finch, Michel Foucault, Gloria Friedmann, Mario Garcia Torres, Anna Gaskell, Kendell Geers, Jean Genet, Nan Goldin, Dominique Gonzalez Foerster, Douglas Gordon, Loris Gréaud, João Maria Gusmao et Pedro Paiva, Henrik Håkansson, Keith Haring, Mona Hatoum, Candida Höfer, Jenny Holzer, Roni Horn, Jonathan Horowitz, Louis Jammes, Joan Jonas, William E. Jones, Ilya et Emilia Kabakov, On Kawara, Žilvinas Kempinas, Anselm Kiefer, Kimsooja, Július Koller, Jiři Kovanda, Barbara Kruger, David Lamelas, Bertrand Lavier, Zoe Leonard, Claude Lévêque, Glenn Ligon, Richard Long, Jill Magid, Anna Maria Maiolino, Christian Marclay, Gordon Matta-Clark, Allan McCollum, Adam McEwen, Ana Mendieta, Melvin Moti, Vik Muniz, Deimantas Narkevičius, Cady Noland, Damir Očko, Roman Ondák, Roman Opalka, Jean-Michel Pancin, Philippe Parreno, Pier Paolo Pasolini, Dino Pedriali, Yan Pei-Ming, Adam Pendleton, Mathieu Pernot, Piranèse, Walid Raad, Ugo Rondinone, Martha Rosler, Anri Sala, Markus Schinwald, Yann Sérandour, Andres Serrano, Ross Sinclair, Kiki Smith, Nedko Solakov, Jana Sterbak, Pascale Marthine Tayou, Alessandra Tesi, Miroslav Tichý, Wolfgang Tillmans, Niele Toroni, Cy Twombly, Xavier Veilhan, Paul Verlaine, Francesco Vezzoli, Franz Erhard Walther, Andy Warhol, Lawrence Weiner, Rémy Zaugg, Chen Zhen.


POUR NE PAS OUBLIER

Pour ne pas oublier est le titre de cette exposition.

Réaliser une exposition sur un sujet traité bien souvent déjà ne relève pas du défi mais tout simplement d’une prise de conscience personnelle sur notre histoire. Je suis un photographe normand qui vit près de ces faits historiques. Le rôle du photographe est d’engranger des images évènementielles pour se constituer un patrimoine. En Juin 2014, les derniers vétérans de cette guerre, âgés aujourd’hui de 90 ans, sont venus sur cette terre normande pour se souvenir, témoigner et rendre hommage à leurs camarades tombés sur le sol français.

Le devoir d’un photographe est de retenir l’essentiel de cet évènement, d’en assurer la communication en réalisant  de nombreuses images, en recueillant des témoignages qui contribueront à compléter les archives et à respecter le devoir de mémoire. Il faut continuer à commémorer  ces évènements « POUR NE PAS OUBLIER » et offrir aux générations futures l’histoire de notre pays. Il y a 70 ans, le 6 juin 1944, nos alliés ont débarqué pour que nous soyons libres et l’ont payé de leur vie avec 6000 soldats tués sur le sol français.

Il est important de connaître notre histoire. « Celui qui ne connaît pas l’Histoire est condamné à la revivre* ». Bon nombre de libérateurs sont encore présents et par respect pour eux nous nous devons de transmettre ce vent de liberté qu’ils ont déployé un matin du 6 juin44 sur nos plages.

*Friedrich Nietzsche


DIEPPE COMMEMORATION DU DEBARQUEMENT 2012

 

70 ANS APRÈS, UNE TRACE INDELEBILE

Août 2012, Dieppe rend hommage aux soldats tués durant l’été 1942.

La France occupée vit sous la terreur de l’ennemi nazi, un seul remède : libérer celle-ci au plus vite. Avec d’impressionnants moyens matériels et humains, nos alliés essaieront de s’infiltrer dans une brèche pour libérer Dieppe et sa région mais en vain. Des milliers de morts viendront noircir le tableau, un échec total.

Un bref rappel des faits pour comprendre ce qu’il s’est passé le 19 août 1942.

4h45, dans l’aube brumeuse, 250 navires alliés partis d’Angleterre approchent des côtes dieppoises. Cette armada est accompagnée dans les airs par 74 escadrilles de chasseurs et de bombardiers. 8.000 soldats s’apprêtent ainsi à débarquer, 5000 Canadiens, 1100 Britanniques, 50 Américains, 20 Français. Les lieux de débarquement seront Dieppe, Pourville, Berneval, Puys et Varengeville. Sur un front de 20 kms de part et d’autre de Dieppe, pendant plusieurs heures, la bataille fait rage. Sous la riposte des défenseurs allemands retranchés aux sommets des falaises, des centaines de soldats alliés succombent sur les plages du littoral. Mille soldats alliés tués, un carnage, seul le commando dirigé par Lord Lovat à Varengeville-Sur-Mer accomplit sa mission et neutralise l’ennemi. Les autres bataillons engagés à Dieppe, Pourville, Puys et Berneval échouent dans leur tentative de débarquement. Le bilan humain reste très lourd, on estime à un millier le nombre d’alliés tués dans cette opération militaire.

70 ans plus tard, les habitants de Dieppe et des communes voisines se souviennent, en rendant un vibrant hommage aux soldats morts pour avoir voulu rendre la liberté au peuple Français.